février 19, 2010 Archives

Le vendredi 19 février de l'année 2010, vers 11 heures, 34 minutes et quelques secondes ...

Une formule bien pratique

Votre interlocuteur téléphonique vous a-t-il déjà répondu, après l'annonce de votre personne ou l'objet de votre appel et avant même l'engagement de la discussion, qu'il était en réunion ? Vous vous excusez poliment de l'avoir dérangé puis vous raccrochez, interloqué: pourquoi répondre au téléphone si l'on est déjà en réunion ?

J'ai remarqué cette formule de manière répétée: en tant que spectateur, complice et victime. Cette formule me semble suffisamment généralisée pour qu'elle mérite une analyse superficielle.

Le paradoxe initial est patent: je décroche le téléphone mais je ne peux répondre étant donné que je suis déjà occupé. Ne soyons pas naïf, il s'agit en effet d'une justification bien pratique, une esquive qui permet de se dégager d'un interlocuteur bien embarrassant. Les différentes positions dans lesquelles j'ai observé l'appel à cette formule me permettent de dégager plusieurs situations.

  • En tant que spectateur: après la découverte du nom derrière un numéro masqué, la formule s'accompagne d'un monologue avec un collègue fictif.
  • En tant que complice: vous êtes effectivement en réunion mais vous acceptez la soudaine importance qu'on vous accorde.
  • En tant que victime: le fait de dire "je suis en réunion" mais "je prends le temps de vous répondre" permet de mettre en valeur son interlocuteur. Implicitement, on comprend: je suis déjà très pris mais vous notez l'importance que je vous accorde.

Il doit exister d'autre situations. Work in progress, n'hésitez pas à m'envoyer par mail vos expériences .


Posted by Alexandre | Permanent Link | Categories: Sociologie