"Les mathématiciens pensent que l'on peut mettre le monde en équations et s'attaquent parfois sans vergogne à des questions censées être du ressort de l'irrationnel, du secret, du mystère. Ainsi, des chercheurs suisses se sont évertués à trouver la formule logarithmique du mariage idéal." (Martine Perez, Le Figaro du mercredi 10 mars 2010)
Personnellement, concernant le mariage, je préfère des formules algorithmiques. Franchement, le logarithme, c'est une descente vertigineuse qui succède à une montée en puissance exponentielle, amoureuse et fantastique. Bien sûr, l'auteure de ce texte n'est pas mathématicienne. Elle critique l'étude et relève ce qui l'intéresse (l'intelligence supérieure de la femme d'au moins 30% par rapport à l'homme serait un pré requis pour que le couple persiste dans le temps) mais avec le bon mot, et un peu de bon sens, l'effet aurait été plus appréciable.
Cela écrit, c'est l'occasion de préciser que la critique de la rationalité en invoquant le mystère, la sensibilité ou le romantisme reste quand même faiblement efficace. Je pense en effet que le raisonnement par l'absurde est plus intéressant et c'est d'ailleurs peut-être pourquoi R. Boudon est si convainquant dans ses critiques méthodologiques. Pour ma part, j'assume la modélisation justement pour en montrer son intérêt et ses limites. Au final, on ne critique bien que ce l'on connaît bien.