avril 01, 2011 Archives

Le vendredi 01 avril de l'année 2011, vers 05 heures, 33 minutes et quelques secondes ...

Entrée dans la matrice

Aujourd'hui, dans le cadre d'un groupe de travail sur les Smart Grids organisé par la CCI de Nice Côte d'Azur, j'ai assisté à la présentation de CISCO, celle de M. Wetterwald précisément. Les Smart Grids apparaissent comme l'étape suivante et nécessaire à la réalisation d'un Internet des objets. Il s'agit en d'autres termes de l'internet du futur. Dans cette optique prospective, chaque interrupteur, chaque lampe, chaque objet électrique aura une intelligence électronique et communiquera en réseau sur la toile informatique. Évidemment, l'internet tel que nous le connaissons aujourd'hui apparaît comme un dinosaure comparé aux perspectives décrites ici : le web sera plus compact qu'il ne l'est aujourd'hui. Par exemple, les capteurs permettront une gestion optimisée et écologique du bâtiment. Le réel physique prendra corps dans le monde numérisé qui en retour agira sur le réel domotique: nous entrons dans la matrice. Les évènements seront plus nombreux dans un espace dense et solide.


Dans cet espace cartographié ou plutôt devrais-je dire "modélisé", les acteurs industriels s'organisent et combattent déjà pour imposer leur conception du langage. La lecture et l'écriture appartiennent-elles à un cercle fermé ou à un cercle ouvert d'usagers ? L'enjeu de cette présentation concerne en effet le choix du protocole choisi par les industriels pour dessiner ce monde de demain. L'interopérabilité grâce à un code source ouvert est la norme préconisée par l'Alliance IPSO (Internet Protocol for Smart Objects). Nous comprenons et partageons ce choix même si l'on peut questionner l'intérêt d'un tel protocole pour la micro-intelligence: le CAN ne serait-il pas complémentaire à l'adresse IP certes utile pour les mobiles suffisamment intelligents ? Cette question est assez technique, le débat entre ingénieurs existe et nous le suivons.


Toutefois, je regrette l'absence, encore une fois, des usagers dans ce monde en cours de construction. On parle de réseau sans préciser la charge de ce réseau, sa flexibilité, sa résilience. Ce réseau ne semble pas pensant alors qu'on y parle d'intelligence. Que serait l'infrastructure du web sans les flux des réseaux sociaux ? Ce serait le web d'hier, celui imaginé sans les usages et c'est aujourd'hui, encore, l'image dessinée par les Smart Grids. La structure semble rigide: elle prend insuffisamment compte des problèmes socio-techniques comme ceux des réseaux sociaux confrontés au respect de la vie privée de leurs utilisateurs. En effet, nous pourrons savoir combien de personnes sont dans une pièce, rien qu'avec la consommation de la climatisation ! Certes, tout le monde ne sait pas sniffer un réseau. Mais dans l'étude du petit monde, six degrés de séparation permettent bien de trouver la compétence adéquate. Ce n'est pas tant la question technique que celle de la confiance qui se joue dès aujourd'hui. Pas besoin de fabriquer de nouveaux récits de science fiction, les références existent déjà et ont déjà valeur de prophétie pour certains acteurs lanceurs d'alerte qui se prennent bien pour les néo² de demain: les néo "élus" qui savent lire et écrire dans la matrice.


Posted by Alexandre | Permanent Link